Zinc, cuivre, argent, phosphore, manganèse… Ces minéraux présents en très faible quantité dans notre organisme jouent pourtant un rôle fondamental dans le maintien de notre santé. Leur utilisation, selon votre terrain ou une fonction ciblée, permet d’optimiser leur efficacité.
Une médecine douce révélée au XXe siècle
L’oligothérapie repose en grande partie sur les travaux du Dr Jacques Ménétrier, médecin français des années 1930, qui a su mettre en lumière l’importance des oligoéléments dans le fonctionnement biologique. En s’appuyant sur l’idée que certains profils réagissent différemment selon leur "terrain", il a structuré une approche thérapeutique individualisée et pleine de promesses.
Oligoéléments : une présence infime, un rôle capital
Le mot « oligoélément » vient du grec oligos, signifiant « peu ». De fait, ces éléments sont présents dans l’organisme à l’état de traces, mais leur rôle est crucial. Certains font aussi partie des macroéléments (comme le magnésium), utilisés en plus grandes quantités.
Les oligoéléments regroupent aussi bien des minéraux que des métalloïdes – parmi eux : zinc, cuivre, argent, phosphore, soufre, manganèse, etc. Ils participent à de nombreux processus biologiques :
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Ils interviennent dans des réactions chimiques vitales, comme la fabrication du cartilage (où le manganèse est essentiel).
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Ils agissent en tant que cofacteurs d’enzymes antioxydantes – le sélénium, par exemple, est un composant-clé de la glutathion peroxydase, enzyme majeure de la lutte contre le vieillissement cellulaire.
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Ils peuvent entrer dans la structure même de certaines molécules indispensables : le cobalt est ainsi un élément constitutif de la vitamine B12 (ou cobalamine).
Les 15 oligoéléments dits "essentiels"
Notre organisme ne sait pas synthétiser ces éléments, pourtant indispensables à son bon fonctionnement. On les qualifie donc d’"essentiels" :
Cobalt (Co) : intervient dans la formation des globules rouges via la vitamine B12, essentiel au bon fonctionnement du système nerveux.
Chrome (Cr) : régule la glycémie en potentialisant l’action de l’insuline, utile dans les troubles du métabolisme du sucre.
Cuivre (Cu) : soutient l’immunité, participe à la production d’énergie et à la synthèse du collagène.
Étain (Sn) : joue un rôle dans la croissance et la santé osseuse.
Fer (Fe) : indispensable à l’oxygénation des tissus via l’hémoglobine, prévient la fatigue et l’anémie.
Fluor (F) : protège l’émail dentaire et participe à la minéralisation des os.
- Iode (I) : essentiel à la synthèse des hormones thyroïdiennes, régule le métabolisme global.
- Lithium (Li) : à très faibles doses, contribue à l’équilibre émotionnel et à la régulation de l’humeur.
- Manganèse (Mn) : joue un rôle clé dans la formation des tissus conjonctifs et la lutte contre le stress oxydatif.
- Molybdène (Mo) : aide à détoxifier l’organisme en activant certaines enzymes hépatiques.
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Nickel (Ni) : intervient dans le métabolisme des glucides et la régulation hormonale.
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Sélénium (Se) : puissant antioxydant, il soutient l’immunité et protège les cellules du vieillissement prématuré.
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Silicium (Si) : renforce les os, les cheveux, les ongles et le tissu conjonctif.
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Vanadium (V) : participe à la régulation du métabolisme glucidique et lipidique.
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Zinc (Zn) : essentiel pour la peau, l’immunité, la cicatrisation et la reproduction.
Une utilisation ciblée des oligoéléments selon le terrain ou les besoins de l’organisme
L’usage des oligoéléments ne date pas d’hier. Bien avant que leurs mécanismes soient compris, ils étaient déjà utilisés empiriquement. Les Égyptiens, par exemple, appliquaient du zinc sur les plaies, et les Romains utilisaient le soufre pour soulager certaines affections cutanées.
En 1894, le chimiste Gabriel Bertrand (Institut Pasteur) remet en cause la vision dominante qui considérait ces éléments comme de simples "impuretés". Il démontre au contraire leur rôle de catalyseurs des fonctions biologiques.
Quelques décennies plus tard, Jacques Ménétrier va plus loin. Il identifie quatre grands terrains – appelés diathèses – définis selon les modes de réaction de l’organisme. Le terme, issu du grec ancien, désigne une prédisposition à présenter certains symptômes ou comportements. Pour chacun de ces terrains, il propose une combinaison spécifique d’oligoéléments afin de rétablir l’équilibre global.
Une fois ce terrain stabilisé, il devient possible d’utiliser certains oligoéléments de manière plus ciblée, en soutien d’un organe ou d’une fonction précise.
Longtemps négligés ou méconnus, les oligoéléments ont aujourd’hui trouvé leur place au cœur de nombreuses approches de santé naturelle. Leurs rôles, aussi discrets que fondamentaux, rappellent à quel point notre équilibre repose sur une fine alchimie biologique.
S’ils ne remplacent pas une hygiène de vie globale, leur usage raisonné peut véritablement compléter une démarche de prévention ou d’accompagnement thérapeutique.